Le coupe-choux est un rasoir à lame fixe qui se replie dans la chasse (manche). Il nécessite un affûtage régulier sur le cuir et de temps en temps sur une pierre à aiguiser. Il est aussi appelé , rasoir droit, rasoir ouvert.
En raison du succès des rasoirs jetables ou à lame jetable ainsi que des rasoirs électriques dans les pays développés, l'utilisation du sabre y est rare. Les barbiers et les coiffeurs en ont toujours besoin mais, pour des raisons d'hygiène, ont essentiellement des modèles à lames jetables.
Le rasage au sabre nécessite un apprentissage car sa lame ouverte peut sérieusement entailler la peau. Le temps de rasage est plus long que pour les autres types de rasoirs (environ 30 à 45 minutes pour un débutant se réduisant à 10 minutes pour un pratiquant régulier).
La largeur de la lame d'un sabre est donnée en huitièmes de pouce. Les lames vont ainsi de 4/8 (1,27 cm, pour les cheveux) à 8/8 (2,54 cm, rares et difficiles à manier). Pour la barbe, la largeur normale est 5/8 ou parfois 6/8. Elles sont généralement en acier, inoxydable ou non, ou, plus rarement, en acier au carbone. Elles peuvent être partiellement ou totalement évidées (« chantantes » ou « sonnantes », surnom dû au bruit émis lors d'une utilisation dextre et rapide pour raser, ce bruit permettant a l'utilisateur de s'assurer du bon usage du tranchant, vitesse et angle) pour les alléger et en aider l'usage.
Il faut d'abord préparer la peau au rasage. Pour cela il est possible de se raser après une douche ou un bain, ou encore d'appliquer des serviettes chaudes sur le visage, comme il est de coutume chez les barbiers.
Ensuite vient l'application du savon à barbe à l'aide d'un blaireau. Il est aussi possible d'utiliser de la mousse à raser. Certains barbiers travaillent sans savon, notamment dans les pays arabes.
Le rasoir est fermement tenu à trois doigts : l'index et le majeur tiennent le haut du talon de part et d'autre de la chasse et le pouce le tient de l'autre côté, en face de l'index. Le premier passage se fait dans le sens du poil, avec un angle d'environ 30° entre la lame et la peau, sans appuyer trop fort. Si nécessaire, un deuxième passage à rebrousse-poil achève le rasage.
L'utilisation d'un après-rasage est recommandée.
Entretien
L'affûtage sur le cuir est obligatoire avant toute utilisation. Un aiguisage sur la pierre, qui peut être réalisé par un coutelier, devient nécessaire environ une fois par an à une fois tous les deux ans, selon la fréquence de rasage et la dureté du poil de l'utilisateur.
Les utilisateurs de sabres
Les professionnels (coiffeurs) ont essentiellement des modèles purement fonctionnels, à chasse en plastique et à lames jetables.
Les beaux modèles de sabres sont des objets de haute qualité, de fabrication artisanale. On en trouve avec une chasse en différents bois éventuellement précieux, en ivoire, en os ou en corne d'animaux. La lame est souvent ornée aux couleurs du fabricant. Ils sont surtout utilisés par des particuliers pour différentes raisons :
la qualité du rasage : comme la lame peut être utilisée comme on le souhaite, sans les limites imposées par les rasoirs de sécurité et les rasoirs électriques, le sabre permet un rasage au plus près. Certains, notamment dans la tradition italienne, utilisent des miroirs spéciaux pour s'en assurer ;
le choix d'utiliser un rasoir haut de gamme, par opposition aux modèles en plastique que l'on trouve dans les supermarchés ;
la tradition : comme le sabre a une durée de vie très longue (plusieurs générations), il se transmet au sein d'une famille ;
l'écologie : l'absence de parties jetables signifie que la production de déchets est quasi nulle ;
l'économie, pour la même raison.
Acheter un sabre .
Les derniers grands fabricants sont Thiers Issard en France et Dovo en Allemagne. En France, on trouve les sabres dans les coutelleries. Il est aussi possible d'en acheter par internet.
Les modèles neufs sont généralement classés comme des objets haut de gamme, il faut compter entre 120€ et 200€ pour en acheter un. On en trouve facilement à bon marché dans les brocantes et sur les sites web de vente aux enchères.
Histoire .
Le coupe-choux à lame d'acier fait son apparition au Royaume-Uni à Sheffield en 1680 ; les modèles à lame pliante apparaissent à partir de 1814.
Une coutume ancienne consistait à utiliser un sabre différent par jour de la semaine, afin de laisser les autres reposer après l'affûtage. Les sept sabres présentés dans un luxueux coffret appelé semainier étaient la version très haut de gamme de l'instrument de rasage. Un autre conditionnement traditionnel est l'étui en cuir, notamment pour le voyage.
L'art de se raser soi-même s'appelle la pogonotomie. Si cette possibilité est une évidence de nos jours, il était normal jusqu'à la moitié du XXe siècle de se faire raser par un barbier ou, pour les plus riches, par ses domestiques.
Articles connexes
Barbe
Blaireau
Épilation
Mousse à raser
Rasage
Rasoir
Savon à barbe
Catégories : Jargon Coiffure
Utilisez un savon et un blaireau
Si vous ne deviez suivre qu’un conseil, ce serait celui-ci : remplacez votre bombe de mousse à raser par un blaireau et un savon à barbe. Je n’ai jamais vraiment apprécié la mousse en bombe. Son utilisation suppose que vous l’étaliez sur vos mains, et j’avais tendance à en mettre un petit peu partout.
L’utilisation du blaireau change tout. Le matin, au lieu de devoir saisir à pleine main la froide et impersonnelle bombonne, au lieu de vous tartiner les mains de mousse disgracieuse et peu pratique, vous aurez le plaisir de garder vos doigts propres et disponibles tout en sentant avec délice la caresse soyeuse des poils du sympathique mustélidé masser vos poils en douceur. C’est une sensation trés agréable.
Lorsque vous étalez du savon à barbe à l’aide de votre blaireau, vous massez le poil ainsi que la peau, et vous facilitez le rasage tout en diminuant le risque de coupures. De plus, les mouvements du blaireau contribuent à se débarasser des peaux mortes, et augmentent l’efficacité du rasage. Enfin, les poils sont relevés, et ils devient plus facile de les raser net. Comme le dit le proverbe : “Barbe bien savonnée est à moitiée rasée”.
Je vous déconseille d’acheter un blaireau synthétique à 5€ que l’on trouve en supermarché. Vous allez vous coller des poils partout, et ce ne sera pas confortable. Un vrai blaireau qui se respecte doit être en vrai poils de vrais blaireaux (d’où le nom, pour ceux que se demandaient). Ensuite, il existe différentes qualités, mais compter 50€ pour un bon blaireau. C’est un investissement, un bon blaireau se garde longtemps. La marque française Plisson, par exemple, à fait ses preuves depuis belle lurette, et était déjà utilisée par de Gaulle ou Napoléon. De même, préférez un savon spécial conçu explicitement pour cet usage.
Une fois utilisé, le blaireau doit être rincé, et surtout rangé la tête en bas. Cela permettra à l’eau de couler, et vous éviterez de voir moisir votre blaireau.
Utilisez une pierre d’alun.
La pierre ou bloc d’alun est un minéral naturel que l’on trouve sous forme de pierre blanche légèrement translucide. On l’utilise en la passant sur la peau après le rasage. Les effets bénéfiques sont nombreux.
La pierre d’alun permet d’hydrater et d’adoucir la peau, et surtout de calmer le feu du rasoir. C’est à dire que si votre peau est irritée après le rasage, un passage de la pierre calmera les brûlures. Elle va même cautériser les coupures en stopper les saignements. Enfin, elle empêchera l’apparition de petits boutons suite aux micro-coupures.
La pierre d’alun est totalement naturelle, antiallergique, non polluante, efficace, et pas chère. Ce serait bête de s’en priver, non ? En bonus, elle peut même servir de déodorant, puisqu’elle empêche la formation d’odeurs sans arrêter la transpiration.
Rasez vous au bon moment.
Vous avez sûrement remarqué qu’il est trés dur de se raser le soir. Faites l’expérience. Lorsque vous vous rasez le matin, tout se passe bien. Mais en fin de journée, vous serez beaucoup plus sensibles aux coupures et aux irritations.
Cela vient du fait que votre peau se fatigue durant la journée. Pour un plus grand confort, mieux vaut donc se raser au saut du lit. Si vous devez vous raser le soir, prenez une douche juste avant pour assouplir la peau, et massez vous longuement au blaireau.
Connaissez les caractéristiques de votre barbe
Après plusieurs tentatives, j’ai remarqué que mon rasage était plus efficace et plus confortable avec deux passages : le premier dans le sens du poil, et le second dans le sens inverse du poil.
Je commence donc par raser entièrement mon visage en suivant scrupuleusement le sens du poil, puis je rince, je réétale du savon, et je recommence dans le sens inverse. Sachez tout de même que j’ai une barbe dure, et que je ne me rase qu’un jour sur deux environ.
Si votre barbe est plus douce, peut être qu’un passage vous suffira, à vous d’expérimenter. Tout ceci nécessite tout de même que vous connaissiez parfaitement l’orientation de votre barbe, c’est à dire le sens dans lequel pousse vos poils.
Pour ma part, je me suis rasé pendant des années avec un jetable sans y prendre vraiment garde. Ce n’est que lorsque je me suis mis au coupe-choux que j’ai étudié ma barbe de plus près. J’ai par exemple constaté que ma barbe n’est pas symétrique, et j’ai dû en tenir compte pour mon rasage. Vous aussi, faites cette étude si ce n’est déjà fait. Vérifiez l’orientation des poils, et leur dureté. Vous y gagnerez en confort et en efficacité.
Où trouver tous ces accessoires ?
Depuis tout à l’heure, je parle de rasoir, de blaireau, de pierre d’alun, etc. Mais où trouver tout ça ? Pour tout ce qui est rasoirs et lames, rendez vous dans une coutellerie. Normalement, vous devriez trouver votre bonheur sans trop de problèmes.
Pour le savon, si la coutellerie n’en vends pas, vous pouvez tenter d’aller faire un petit tour à la pharmacie..
J’espère que comme moi, vous prendrez le temps de définir le rasage le mieux adapté pour vous. N’oubliez pas que vous allez probablement vous raser presque tous les jours, toute votre vie, et quelques heures de réflexion et de tests vous feront sûrement gagner beaucoup de confort, et économiser pas mal d’argent.
Le passage de la lame du rasoir sur le cuir doit se faire en souplesse, sans appuyer trop fort. La lame est maintenue à plat et doit être passée "fil en arrière". A aucun moment elle ne perdra le contact avec le cuir. Lors des changements de face, on la fait pivoter entre les doigts tout en la déplaçant sur le dos latéralement.
Vous avez certainement vu votre coiffeur habituel manier le rasoir et faire virevolter sa lame à la surface du cuir d'affûtage, avec une maestria époustouflante. Eh bien, sachez que l'on ne s'improvise pas Figaro du jour au lendemain : cela s'apprends ! Pour autant, la tâche n'as rien d'insurmontable. C'est justement à cette pratique si délicate que je me propose de vous initier. A l'achat, un rasoir neuf se doit d'être parfaitement aiguisé. Mieux vaut quand même s"en assurer car une mauvaise surprise est toujours possible! Pour cela, il suffit de couper quelques poils du dos de la main ou de l'avant-bras. La chose doit se faire avec facilité, sans aucun grattage désagréable. Un rasoir de bonne facture ne s'aiguise que rarement si son fil est correctement entretenu lors de chaque utilisation. Cet aiguisage se fait classiquement, à la pierre à huile très douce ou à la pierre mixte ( huile et eau ). Bien qu'il soit impossible, à priori, d'indiquer une périodicité pour l'accomplissement de cette opération, j'aurais tendance à préconiser un aiguisage annuel, éventuellement très léger, si la lame est utilisée quotidiennement pour vaincre une barbe abondante rebelle. Si ce travail vous rebutait, sachez que tout bon coutelier sera en mesure de l'accomplir pour quelques dizaines de francs. En revanche, s'agissant de l'entretien quotidien, vous n'aurez pas le choix: personne ne vous viendra en aide. Il faudra apprendre ou renoncer à utiliser un rasoir: c'est aussi simple que cela ! En prenant possession de votre premier sabre, n'omettez pas de vous procurer l'indispensable cuir d'affûtage. Ici, les économies de bout de chandelles sont à proscrire. De la qualité du cuir dépendra directement celle du fil du rasoir et, par conséquent, celle du rasage. Pour votre information, sachez que tous les cuirs ne sont pas ... en cuir ! Il en existe dont les surfaces sont constitués de planchettes de bois d'aloès.[...] Néanmoins , sur la plupart des cuirs de conception classique, les 2 faces sont recouvertes de peaux de granulations différentes, un côté étant plus rugueux que l'autre. Ces peaux, sur lesquelles la lame sera passée bien à plat, ne doivent pas être utilisées en l'état. Elles seront d'abord apprêtées à la pâte d'affûtage. L'essentiel du marché est tenu par les marques Hamon et Puma. Il s'agit de petits bâtonnets de pâte durcie, très légèrement abrasive, que l'on frotte directement sur le cuir neuf. Cette opération permet de déposer à la surface de la peau (ou du bois), une faible quantité de pâte. En massant le cuir, l'on fera pénétrer la pâte tout en veillant à la répartir régulièrement sur toutes les surfaces d'affûtage. Dans la durée, le cuir pourra être raclé de temps en temps avec une lame de couteau passée à l'équerre (attention de ne pas entailler le cuir), pour en retirer la pâte vieillissante et la remplacer par une autre, plus fraîche possédant de meilleures propriétés d'affûtage.
Le passage au cuir .
Voyons à présent comment utiliser au mieux sachant que le fil du rasoir, pour donner le meilleur de lui-même, ne supporte pas la médiocrité. Tout d'abord, entendons-nous sur les termes à employer. Une lame de rasoir, vue de profil, a une forme rectangulaire. le coté opposé au tranchant s'appelle le dos. la partie du manche ( ou chasse) est le talon, à l'opposé duquel se trouve la pointe. La règle veut que l'on fasse effectuer à la lame une douzaine d'allers-retours sur le côté rugueux du cuir avant de le retourner et de répéter cette opération sur la face la plus lisse. Cependant vous vous apercevrez vite que cette procédure classique connaît des aménagements. Selon la dureté de votre lame (et de votre barbe!), vous pourrez vous limiter qu'un seul côté du cuir ou à réduire (ou augmenter) le nombre de passages de la lame sur celui-ci. Tout ceci est à expérimenter : chaque cas étant particulier. Le passage au cuir ne constitue pas un aiguisage à proprement parler, mais permet de très légèrement rectifier les micro-dents provoquées par les opérations de travail de la lame à la pierre douce qui vont vont lui restituer son tranchant. Un rasoir pourrait même être utilisé aussitôt après être passé à la pierre. Il couperait très bien mais irriterait la peau et devrait être aiguisé à nouveau avant le rasage suivant. En réalité, le passage au cuir représente une sorte de rodage apportant ce petit plus qui fait toute la différence. Cette manoeuvre se fait lame posée bien à plat sur le cuir en n'exerçant qu'une très légère pression sur celle-ci, contre le support. La lame est tenue, du bout des doigts, juste à l'arrière du talon. Dans un premier temps, elle est placée à l'avant du cuir (côté opposé) à la poignée), complètement déportée sur la gauche, afin que seul le talon soit au contact de la surface d'affûtage. La première opération va consister à l'amener vers l'arrière tout en la déportant progressivement vers la droite afin qu'à l'issue de ce mouvement, seule la pointe touche encore le cuir, juste à l'avant de la poignée. En faisant « rouler » la lame entre les doigts, on va la faire pivoter vers l'arrière, sur 180°, en la faisant basculer vers le haut, tout en la faisant glisser sur le dos, de droite à gauche. Au terme de cette manœuvre, le tranchant est vers vous, complètement à gauche. Toujours bien à plat, on va conduire la lame vers l'extrémité avant du cuir, côté droit, où elle ne sera plus en contact que par la pointe avec la surface d'affûtage. En la faisant pivoter sur le dos, on la fait basculer de 180° vers l'avant, tout en la déplaçant vers la gauche jusqu'à revenir à la position de départ. Il ne reste plus qu'à renouveler ce geste une douzaine de fois avant de changer de face d'affûtage. Ne cherchez pas à battre des records de vitesse ! Bien au contraire, travaillez lentement en essayant d'avoir des gestes réguliers et fluides, tout en veillant au respect des points suivants :
- Au cours de l'affûtage au cuir, la lame reste au contact permanent de celui-ci.
- Tous les déplacements se font en s'assurant que le tranchant demeure bien perpendiculaire à l'axe longitudinal du cuir.
- N'appuyez pas trop fortement la lame sur le cuir : une légère pression est suffisante et donne de meilleurs résultats.
- Il est indispensable que la totalité du tranchant passe bien sur le cuir. A défaut, après plusieurs années d'utilisation, celui-ci ne serait plus rigoureusement rectiligne mais courbe. Son efficacité s'en trouverait alors notablement réduite.
- Tout au long de la phase d'affûtage, le poignet tenant le rasoir reste fixe. C'est l'ensemble du bras qui est actionné. La lame n'est tenue que du bout des doigts entre le pouce d'un côté et le majeur et l'index de l'autre.
C'est entre ces trois doigts qu'il faudra la faire pivoter sur 180° lors de chaque changement de face. La pratique venant, vous aurez tout loisir d'accélérer le rythme des allers-retours de la lame sur le cuir mais ces quelques recommandations continueront de s'imposer. L'affûtage au cuir doit se faire, une fois au moins, lors de chaque rasage. Il vous appartiendra de déterminer si vous préférez l'accomplir avant ou après vous être « fait la barbe ». Si votre pilosité virile est par trop récalcitrante, quelques passes de la lame sur la face lisse du cuir en cours de rasage lui rendront vite tout son mordant.
L'aiguisage à la pierre
L'aiguisage à la pierre se fait "fil en avant", lame posée à plat sur le support préalablement lubrifié (à l'huile de vaseline ou à l'eau, selon les cas). Tout au long de ces opérations, l'on veillera à ne pas trop appuyer la lame sur la pierre et à la maintenir perpendiculairement à l'axe longitudinal de la surface d'aiguisage. les changements de face s'effectuent en relevant la lame et en la reposant délicatement sur la pierre après l'avoir tournée.
Une lame bien entretenue au cuir n'a que rarement besoin d'être aiguisée à la pierre. Celle-ci doit être très peu abrasive pour ne pas attaquer le métal, très fin au niveau du tranchant. Ainsi, certaines pierres idéales pour les couteaux sont-elles trop « gourmandes » pour les rasoirs dont elles auraient tôt fait de dévorer le fil !
Pour ma part, j'emploie volontiers des pierres à huile industrielles à grain très fin, lubrifiées à l'huile de vaseline, celle-ci étant appliquée au pinceau pour obtenir un film protecteur homogène sur toute la surface du support. La méthode d'aiguisage est simple et très proche du travail au cuir mais s'effectue en sens inverse.
Comme vous l'avez noté, les passages au cuir se font « fil vers l'arrière ». Sur la pierre, ils se font « fil en avant ». La lame doit être maintenue bien à plat, perpendiculairement à l'axe longitudinal de la pierre. Au cours des déplacements d'avant en arrière, la lame sera déplacée de gauche à droite, puis inversement après avoir été retournée, pour que les deux flancs effectuent le même nombre de passages sur la pierre. Selon la nature de l'abrasif, la qualité de la lame et l'état de son fil, l'aiguisage peut être très rapide et ne nécessiter qu'un nombre limité de passages sur la pierre. A l'issue de ce travail, un classique affûtage au cuir sera opéré pour adoucir le fil rendu trop sec par l’aiguisage.
Le rasage au sabre
Votre rasoir étant à présent opérationnel, il ne reste plus qu'à vous raser. Je sais, c'est plus facile à dire qu'à faire : surtout la première fois ! Mais ici encore, personne ne peut rien pour vous. Prenez votre temps, dans le calme, pour découvrir comment raser vos joues, votre cou et ce fichu menton. Les seuls conseils que je puis vous apporter sont les suivants :
- La peau de la partie du visage que vous allez raser doit être parfaitement tendue. A vous d'imaginer les grimaces les plus efficaces pour y parvenir et n'oubliez pas d'utiliser votre autre main (celle qui ne tient pas le rasoir !). - L'angle d'attaque du rasoir doit toujours être très fermé, de préférence inférieur à 20°. Ainsi, le plat de la lame est maintenu proche de la peau.
- La méthode classique de rasage consiste à passer la lame dans le sens du poil, puis à rebrousse-poil, après avoir effectué un second passage du blaireau garni de mousse pour prévenir toute irritation. Cependant, il est très possible qu'une seule de ces deux opérations suffise à vous débarrasser de toute trace de pilosité. En suivant ces quelques conseils élémentaires, vous pourrez goûter aux joies ineffables qu'offre le rasage au sabre, en disposant d'un outil parfaitement efficace, capable de transformer cette corvée quotidienne en un moment privilégié. Correctement affûté et entretenu, ce rasoir vous servira toute votre vie en vous offrant des joues de bébé ! Vous comprendrez alors pourquoi certains d'entre nous refusent catégoriquement d'utiliser ces machins jetables, à lame aussi multiples qu'inopérantes, que la société de consommation veut nous imposer à tout prix.
samedi 24 mai 2008
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